16 juin 2013

Free Time : L'homme d'acier

Superman: L'homme d'acier du réalisateur Zack Synder, en salle depuis le 14 juin.


Synopsis


Lorsque Jor-El comprend que sa planète, Krypton, est au bord de l'annihilation, il décide d'envoyer son fils unique, Kal-El, sur la planète Terre dans le but de sauver sa race. Kal-El est recueilli par des fermiers qui le nomment Clark et lui apprennent à cacher ses pouvoirs surnaturels pour éviter d'effrayer les Terriens. Clark grandit et finit par découvrir ses origines. Lorsque d'autres Kryptoniens, menés par le Général Zod, débarquent sur la Terre dans le but d'en faire leur nouvelle demeure, Clark s'engage à défendre l'espèce humaine contre ceux qui veulent l'anéantir, même si ces derniers sont les derniers survivants de sa race.





Avis

L’homme d’acier était attendu comme LE film de l’été au rayon des superproductions. Ben, c’est raté. Il faut tout de même reconnaître à Zach Snyder son talent pour le divertissement à gros budget. L’homme d’acier envahi l’écran de scènes spectaculaires et de pyrotechnie. Mais le film reste très limité niveau scénario.

Désolé pour ceux qui s’attendaient à un miracle de la part de Snyder, un réalisateur qui mise seulement sur l’emballage, mais il n’a pas changé le scénario de David S. Gover en véritable film. Ce dernier et Christopher Nolan, qui produit, sont les grands artisans de la fabuleuse trilogie des Dark Night (Batman). Mais Snyder n’a pas le talent de réalisateur de Nolan — il est incapable de donner de la chair à ses personnages. Sans compter que L’homme d’acier manque singulièrement d’humour et de plaisir. Irez-vous quand même?

Pourtant, la première heure laissait espérer de bien bonnes choses. Après un (trop) long prologue sur Krypton, visuellement époustouflant, le long métrage met en parallèle l’enfance de Clark Kent et sa quête, jeune homme (Henry Cavill), pour découvrir sa véritable identité. Il y a une certaine sensibilité dans les scènes avec Clark enfant. Les quelques scènes d’action aux effets spéciaux hallucinants de réalisme sont spectaculaires. Jusque-là, on a un film. Mais Snyder met ensuite en scène l’habituelle cascade de combats et de destruction sans queue ni tête qui tombe dans une surenchère telle qu’elle finit lasser même chez les amateurs du genre. Comme si Snyder avait voulu dépasser les fracas d’Avengers. Ridicule. Quel intérêt à voir pendant une heure de suite des immeubles s’effondrer et des véhicules en tout genre, jusqu’aux chasseurs à réaction, exploser? Tout ça sans aucune victime! Il est totalement illogique d’ailleurs que Superman y participe sans se soucier une seconde de protéger les innocents.

Cet apocalypse, est le résultat de la lutte entre Superman et le vilain échappé de Krypton, le général Zod (Michael Shannon). Le rhétorique guerrière de Zod sur la survie de son peuple est celle qu’utilisent les tyrans pour justifier un génocide — celui de tous les humains, cette fois, rien de moins.

La métaphore biblique est évidente. Tel Moïse, Kal-El / Clark Kent est sauvé de la catastrophe pour mener son nouveau peuple à un nouvel Éden. Il incarne l’espoir, après avoir vécu 33 ans comme un humain avant que ne soit révélée sa vraie nature. Mais, bon, il n’est pas de nature divine, seulement extraterrestre. Et le petit jeu atteint rapidement ses limites. On pourrait aussi plaider que la première partie élève le personnage de bandes dessinées au rang de Dieu grec avec ses dilemmes, son fardeau et son immortalité. Le récit pointe aussi les faiblesses humaines — la peur de l’inconnu, la crédulité, la violence gratuite, le harcèlement… À ce moment, le long métrage est sans peur et sans reproche, comme son héros. Mais on dirait que la succession de scènes d’action agissent comme la kryptonite et affaiblissent singulièrement le film.

Elles mettent aussi en évidence que Snyder est nul pour la direction d’acteurs. Inutile de signaler les incongruités et les invraisemblances, elles vont avec le genre de film d’action / aventure / science-fiction. Vous aurez compris que L’homme d’acier n’est pas le film de l’été annoncé. Loin s’en faut.

Convaincu ou pas?

Moi je ne le suis pas, mais bon c'est superman, donc on pardonne les maladresses des scénaristes (eh oui il y en a 4), des producteurs et du réalisateur. Et on s'image pouvoir un jour être sauvé par un "héros" tel que lui.

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Let's Be Swagg.
L.